L'association des pompiers et des hommes avec l'0PDE FRANCE se sont réunis pour soutenir l'0euvre Humanitaire pour la protection et le Développement de l'enfance en difficulté, une ONG présente dans l'Afrique des grands lacs ( Burundi, Rwanda et Congo).
Cette mission c'est déroulée en plusieurs phases :
Ø Préparation de la mission :
- Remise en état des véhicules,
- Collecte des besoins ( vêtements, matériels scolaires et médicales,
outillage divers)
- Recherche de partenaires,
- Organisation de différentes manifestations pour récolter les
fonds nécessaires à cette opération.
Ø Acheminements des 6 véhicules jusqu'à Marseille le 28 décembre 2004, ceux-ci partiront par bâteau pour Dar El Salaam en Tanzanie le 13 janvier, arrivée prévue le 1 février 2005.
Ø Départ de l'équipe le 29 janvier pour Dar , avec la ferme conviction de sortir nos véhicules du port de Dar en 6 jours ! ! ! ! ( si tout va bien ?)
Ø Acheminement du convoi de Dar jusqu'au Rwanda et Burundi par la route.
Ø Remise du matériel et véhicules aux deux entités OPDE.
C'est donc le 29 janvier que l'équipe quitte la France pour Dar El Salaam en Tanzanie. Celle-ci sera rejointe par Pascal SEPTIER Président de l'OPDE France, le 5 février. Nous disposerons de cinq jours pour récupérer nos containers et sortir les véhicules (si tout va bien ! ! ! ! !).
A notre arrivée le dimanche 30 janvier à 7h 35 heure locale, c 'est un dépaysement total , la chaleur chaude et humide (il fait environ 35°) nous assomme dès notre descente de l'avion, nous sommes accueillis par Fidel notre ami du Burundi qui a fait le déplacement pour venir nous aider à dédouaner nos containers. C'est un compagnon et ami de la route il nous a déjà aidé en 2000 sur les pistes et en 2002 au RWANDA, sa présence nous sera très précieuse pour la suite.
Notre première action sera de prendre contact avec l'ambassade de France pour l'informer de notre présence sur le territoire Tanzanien, un rendez-vous est pris avec Mme l'Ambassadrice. C'est un petit hôtel modeste, qui nous servira de base dans le centre de Dar cela nous permettra de nous déplacer à moindre frais c'est à dire à pied.
Lundi 31 janvier, notre premier contact avec notre déclarant en douane n'est pas très enthousiaste, 1er effet kisscool, le bàteau a 6 jours de retard et peut être plus, il faut dire que nous étions préparés à ce genre de surprise, mais quand même .
Les jours suivants nous serons occupés à courir après les documents manquants et surtout à attendre car en Afrique c'est bien connu il faut être armé d'une grande patience sinon, s'abstenir.
Mme l'Ambassadrice nous recevra dans sa résidence avec une partie du personnel de l'ambassade le 1er février en soirée, après une présentation de l'équipe et de la mission, l'ambassadrice nous fait part de la difficulté rencontrée par nos collègues Sapeurs pompiers de Marseille, ( plus d'un mois pour sortir un container).
Le samedi 5 au matin nous accueillons Pascal, dernier maillon de l'équipe, il ne manque que le bâteau, celui-ci sera bien là le dimanche 6. Le mardi nous nous rendons au port de Dar, une mauvaise nouvelle nous attend ; les containers sont bien déchargés mais un seul a été sorti du port ; les deux autres sont inaccessibles car ils sont en plein milieu de centaines de containers, 2ème effet kisscool . Il faudra tout le calme, le savoir faire, la patience de Fidel et un bakchich efficace pour pouvoir débloquer cette situation, les containers sortiront du port le vendredi et nous les récupérons le samedi 12.
Pour nous, c'est un exploit, car réussir en cinq jours à dédouaner 6 véhicules alors que d'habitude ceci est bien plus long, nos amis de Marseille en ont fait la triste expérience, mais il faut dire que nous, on avait notre carte maîtresse en la personne de Fidel.
Du fait du retard du bâteau nous avons perdu six jours, il nous en
reste neuf pour finir la mission, Fidel nous disait souvent en Afrique nous
n'avons pas de montre mais on a le temps, pour nous ce n'est pas le cas .
0n quitte Dar le samedi 12 à 17 heures.
Les missions en Afrique sont faites d'espoir, de désespoir, de joie
et d'émotion, et ce jour de départ la joie n'était pas
tellement au rendez-vous, le retard du bâteau vient nous priver d'un
membre en la personne de Claude, le toubib du groupe. En effet celui-ci ne
pourra effectuer la traversée de la Tanzanie car il doit retourner
en France, son boulot ne lui permet pas de rester plus longtemps, ce sera
donc Benoît qui le remplacera en tant que ''soigneur'', tâche
qu'il remplira avec le sérieux que nous lui connaissons .
1400 km de piste, une course contre la montre est engagée avec le pari fou de traverser la Tanzanie en 4 jours, l'état des routes, la peur de casser un véhicule, le vol de 120 litres d'essence et les 12 à 14 heures de conduite par jour, sans oublier les petits ennuis mécaniques, ne viendront pas à bout du moral de l'équipe.
Le pari sera gagné mardi 15, en fin d'après midi nous sommes à la frontière du Rwanda. Nous passerons la frontière le lendemain matin et là nous allons devoir faire face à la chose redoutable, héritage du colonialisme, qui est l'administration Rwandaise. Après des heures de négociation et une somme d'argent non prévue dans le budget, nous quittons enfin la frontière pour Kigali où là nous serons accueillis par les membres de l'OPDE Rwanda et Burundi très tard dans la soirée.
Le jeudi sera pour nous une journée de repos que nous passerons accompagnés des membres de l'OPDE, avec lesquels nous serons reçus par le Consul de France à Kigali.
Le vendredi, après avoir laissé à la Mageraw (Magasins généraux du Rwanda), les 3 véhicules destinés à l'OPDE Rwanda, nous prenons la direction du Burundi. Une fois de plus sur notre route, nous serons confrontés aux douanes Rwandaises et comble de malchance ce sera à Butaré, antenne locale de l'OPDE. Nous avions prévu de nous arrêter pour saluer les enfants mais il en sera autrement. Après plusieurs heures d'attente ils nous laisseront partir, avec un profond regret de ne pas avoir vu les enfants. Il est impératif de gagner la frontière du Burundi au plus tôt car nous risquons d'être bloqués à la frontière à cause du couvre feu . Fidel se portera volontaire pour rester seul avec le véhicule bloqué par les douanes.
Nous arrivons à Bujumbura vers 18h00 après avoir laissé les véhicules aux douanes Burundaises et après une douche rapide, nous nous rendons à une soirée à laquelle nous sommes les invités d'honneur. Impatiemment attendus par le Consul de France, les responsables OPDE, RWANDA, BURUNDI et CONGO et les enfants des rues, ceux-ci nous réservent un accueil formidable, cela nous fera oublier tous les mauvais tours que nous avons rencontrés depuis le début de cette mission ; la récompense d'une année d'effort est devant nos yeux : les danses, les tambours et les chants rien que pour nous ,effectués par les enfants ; quel accueil ! ! ! ! .
Le samedi visite des chantiers et centres d'accueil de l'OPDE, le dimanche sera encore fort en émotion, rencontre avec les enfants soldats du Congo qui sont pris en charge par l'OPDE Congo, ils ont passé la frontière pour nous offrir un spectacle. Nous passerons une grande partie de la journée en leur compagnie. Au moment de nous quitter certains de nous avaient le regard un peu vague et les yeux légèrement humides ,disons que ce sont les effets secondaires du Lariam .
Lundi 21 ce sera le jour du départ, nous laisserons Daniel qui va rester une semaine de plus pour se charger de faire les démarches nécessaires afin de remettre les véhicules à l'OPDE Butaré.
Malgré le retard du bâteau nous dressons tout de même un bilan positif de cette mission car notre objectif, était de livrer les véhicules avec leur chargement au Rwanda et Burundi, ce qui fut chose faite. Certes, à ce jour les véhicules sont toujours en douane, mais sous le regard impatient des membres de l'OPDE.
Au contact des enfants, nous avons constaté le travail formidable que réalisent chaque jour, avec très peu de moyens, les éducateurs et membres de l'OPDE ; il existe une structure assise sur de solides bases qui demande et mérite d'être consolidée.
En écoutant les responsables, parler de leurs projets afin d'apporter une condition de vie, non pas parfaite mais humaine à tous ces gamins (dont la plupart d'entre eux sont passés directement de l'enfance à l'âge adulte en raison de tous ces conflits), il reste à leur réapprendre ce qu'est l'adolescence et pour certains à redevenir enfants. Nous ne sommes pas restés insensibles à cette situation et quelque part, nous avons le sentiment qu'il se pourrait que l'on revienne.
Il reste à remercier du fond du cur tous les partenaires (du plus grand au plus petit) qui nous ont apporté leur soutien et leur confiance pour la réalisation de cette mission ; un grand merci à tous .
