Cette mission, commencée il y a 3 ans, a enfin atteint son objectif le vendredi 19 février 2010 à 10 h06, lorsque leau a coulé sur la place dIpamu au premier point deau.
Ce ne fut pas une chose facile que la réalisation de cette mission, le 26 février 2007. Celle-ci fut abandonnée, suite au décès brutal de Daniel et personne à ce moment naurait parié sur le retour de DPDH en terre dIpamu. Mais voilà, 1 mois plus tard notre décision était prise, finir cette mission.
Une 1ère tentative de retour en 2009, a avorté, suite à un retard important de dédouanement à Kinshasa et une erreur de date de visa. Ne baissant pas les bras, une nouvelle date de départ est fixée en février 2010.
Le budget pratiquement bouclé, nous décidons denvoyer
en reconnaissance deux membres de lassociation, ceux-ci ont pour mission
:
- de contrôler dune part, si tout le matériel nécessaire
à cette mission, envoyé à IPAMU a bien été
réceptionné par lADEPI et dautre part de mettre
en place les travaux préparatoires à sa réalisation,
- Trouver un lieu dhébergement pour notre séjour,
- Organiser le transfert de léquipe,
- Acheter le groupe électrogène et ses annexes.
Cette reconnaissance a eu un impact considérable sur la réalisation
de cette mission, car elle a permis de faire un constat réel sur les
acquis et les besoins en matériels et matériaux. De ce fait,
nous envisageons dorénavant dagir de la sorte pour toutes nos
futures missions. Ceci permettra un gain de temps et dargent.
Cest donc le 10 février 2010 quun 1er groupe de 3 personnes
quitte la France pour Kinshasa, non sans ennui, cela aurait été
trop facile ! En raison du mauvais temps notre vol Lyon-Bruxelles est détourné
sur Liège. Résultat, nous devons attendre 24h pour prendre le
vol pour Kin.
Arrivée à Kinshasa le jeudi 11 février vers 20h30. LHonorable Célestin TUNDA est présent pour nous accueillir, ce qui facilite notre passage en douane et notre sortie de laéroport. Léquipe daccueil nous a permis de nous faire connaitre à lambassade de France, de soccuper du transport sur Ipamu et bien sûr de trouver un hôtel sympa et pas trop coûteux ,cela va de soit !
Le samedi soir, le 2ème groupe arrive, notre Honorable est toujours présent pour laccueil, petite bouffe, ensuite direction Hôtel, car demain matin, lever à 5h30. Le départ du bus est prévu à 6h pour Kikwit, normalement !!!!! Finalement , nous partons vers 8h30 !
Le chauffeur du bus nous annonce 10h de route, nous, nous ajoutons « si tout va bien ! ». En effet, les routes africaines perdraient de leur attrait si nous ne trouvions pas tous ces véhicules en panne le long du chemin. Nous, spectateurs, regardons avec un il admiratif ses routiers « rois de la débrouille », en espérant ne pas nous trouver acteurs nous-mêmes. Cet espoir est de courte durée, car larbre de transmission de notre bus nous lâche vers 17h à 200kms de Kikwit. Réparation impossible, du coup, une nuit à la belle étoile au milieu de nulle part, du moins sans réseau téléphonique. Le casse-croûte sera à base de sardines, pâté et biscottes. Des 4x4 envoyés par Flavien nous récupèrent vers 7h le lundi, nous arrivons vers 12h à Kikwit. Nous décidons de partir mardi matin pour Ipamu, environ 300kms de piste, donc un peu de repos nous fera le plus grand bien. On en profite pour faire les courses de dernière minute, eau et quelques outils.
Trois véhicules 4x4 prennent le départ vers Ipamu à 8h, le trajet se fait sans incident. Nous arrivons vers 19h00, accueil comme il se doit des habitants. Dès que nous posons les pieds sur le sol, nous avons conscience que nous naurons pas le droit déchouer La prise de contact étant faite avec les membres de lADEPI, nous découvrons notre hébergement, une vraie merveille, comme on les aime ! .
Ensuite, nous décidons daller nous recueillir sur le lieu où
Daniel est décédé. Annabel est présente et dès
que nous arrivons dans cette salle transformée en chapelle, nous sommes
pris dans une bulle, où rien ne peut être dit parce que les mots
ne viennent pas, les gorges sont serrées, le silence fait simplement
place à une émotion collective. Annabel reçoit le journal
écrit il y a trois ans par son papa.
Nous prenons notre 1er repas sous la paillote construite par lADEPI,
rendez-vous est pris au sujet de la logistique nourriture, demain matin avec
Flavien notre abbé, Président de lADEPI et Bonny, le permanent
très efficace de lassociation.
Mercredi matin, 1er jour à Ipamu. Nous décidons de commencer nos journées de travail très tôt le matin :
-7h30 petit déjeuner,
- 12h déjeuner,
- 13h30 reprise des travaux, jusquà la nuit vers 18h00
Pour être autonome, nous décidons dacheter notre nourriture
qui sera préparée par Annie et son équipe. Thierry, notre
chef cuistot aura la charge des achats et à la demande de Flavien,
il devra donner des leçons dhygiène élémentaire
et indiquer comment organiser le travail dans une cuisine. Noublions
pas que notre cuisine est aussi la cuisine du restaurant scolaire et de tout
public. Thierry fournit également des tabliers, couteaux, planches
à découper et autres ustensiles de cuisine.
Les équipes de travail sont formées :
- François, René, jacky, Moise : installation groupe électrogène
et pompe avec Marc qui sera le responsable de son entretien.
- Benoit, Didier : préparation du château deau et alimentation
1er point deau
- Jean-Michel à la caméra et aux tuyaux avec Claude
- Annabel et Bénédicte donne des conseils au comptable et ensuite
boulot sur le chantier,
- Thierry, après les cuisines sera affecté sur le chantier tuyaux.
A la demande de Flavien, Claude le doc de léquipe et Jacky se rendent au centre de santé afin de contrôler létat du matériel apporté il y 3 ans par nos soins. Visite surprise, qui déstabilise un peu la sur responsable. Elle nous présente bien un état de ce qui leur a été livré, mais reste un peu sourde voire évasive à nos questions. Nous faisons une visite de létablissement sans faire un état des lieux car ce nest pas le but de notre mission, mais nous constatons, que sur tous les matelas apportés, très peu sont présents, que personne ne sait se servir du ECG et quun grand nombre de tenues du personnel soignant a purement et simplement disparu, mystère...
Les travaux réalisés par la commune dIpamu, permettent une avancée très rapide de notre tâche. Le groupe électrogène est mis en place ; pas facile dailleurs car 400kgs à manuvrer Il est ensuite béni par labbé dIpamu ; « pourvu quil fonctionne!». François fait des merveilles et le jour même, le groupe fonctionne et son doux ronron vient un peu perturber la faune qui entoure le local.
Les travaux alimentation source/citerne fonctionnant bien, les 1000m de tuyaux étant raccordés, le château deau étant près , le 1er point alimenté et bien sûr la pompe raccordée, nous décidons de faire un essai le vendredi, «chapeau bas messieurs», leau mettra à peine 5mn pour arriver au château deau avec un débit de 5 m3/ heure et sans aucune fuite au raccord.
Trois ans à attendre, à se battre pour trouver des partenaires, des subventions, du matériel, des heures de piste à être secoué, -à se faire piquer par les moustiques- « parole de Flavien », dormir à la belle étoile. Que la route est longue pour arriver à Ipamu,
les embûches, la douleur pour atteindre ce village . Il faut savoir souffrir
et sarmer de patience pour atteindre cet objectif, mais quelle récompense,
quelle émotion mêlée de joie , lorsque leau jaillit
au 1er point deau.!
Surpris par la rapidité avec laquelle nous avons mis en place ce dispositif,
nous décidons daménager deux autres points deau
; un près de la cure et lautre près du restaurant scolaire
et de la cuisine. Avec laide des gens dIpamu, deux tranchées
sont rapidement creusées et les tuyaux mis en terre.
Nous mettons en place également 100m de chenaux sur la toiture du restaurant scolaire.
Déjà les gens se présentent avec leurs bidons, miracle du téléphone congolais, la nouvelle se répent comme une trainée de poudre. Benoit doit se transformer en préposé des eaux et faire la 1ère distribution. Une organisation sereine se met en place.
Le soir, lambiance est chaude. Devant notre « chalet », on a limpression que tous les enfants et ados sont venus faire la fête pour larrivée de leau, et Claude en est le maître de cérémonie.
Le samedi, dernier préparatif pour larrivée de Monseigneur lévêque José MOKO nous sommes conviés à souper avec lui.
Ce dimanche, cest jour de fête, quelle fête ! Cinq heures de messe nous attendent ; des estrades et des paillotes ont été construites, car la messe se déroule à lextérieure. Quel spectacle, harmonie de couleurs, chants, danses, imaginez entre 3000 et 4000 personnes qui dansent et chantent pendant 5 heures.
Cette cérémonie commence par un moment très fort. Monseigneur sadresse directement à Annabel, un silence respectueux sinstalle que seuls les bruits de la nature viennent perturber. Face à Annabel, comme figée sur sa chaise, celui-ci poursuit son allocution et ses mots nous vont droit au cur. Cest vrai quil y a lavant et laprès lors dune mission, mais il y a aussi le pendant, où lon vit le moment présent, où lon trouve les mots, où lon ressent les choses mais on a souvent du mal à se les rappeler ensuite, tant on est déconnecté de la réalité.
Monseigneur en profitera également pour recadrer le monde des intellectuels vivant à Ipamu en leur demandant de simpliquer un peu plus dans lorganisation et la vie courante du village et vlan !!!!!.
Claude est à nouveau sollicité, mais comme conseiller technique pour refaire une visite du centre de soins, accompagné cette fois de Monseigneur José MOKO. Il devra donner un avis sur ce qui pourrait améliorer le fonctionnement du centre et refaire le point sur le matériel amené il ya trois ans. Ce sujet dérange mais intéresse fortement notre autorité ecclésiastique, particulièrement le rapport dinventaire de tout ce matériel ; il demande expressément à ce que celui-ci lui soit communiqué.
Le lundi est le jour de la bénédiction par Monseigneur du 1er point deau et de la plaque commémorative de Daniel. Ce lieu sera désormais appelé place papa Daniel. Monseigneur a pris un engagement solennel, celui de se porter garant de la pérennité du projet et de veiller à ce que son objectif ne soit jamais détourné à dautre fin.
Les derniers jours , nous apportons la finition au chantier : protection des tuyaux dans le local pompe, François en profite pour tirer une deuxième ligne, qui viendra alimenter les écoles, lycée et collège, nous donnons également un deuxième groupe électrogène qui servira à alimenter en journée le local informatique, et la nuit le centre de soins pour les urgences.
Lors de nos séjours, nous avons constaté que les femmes qui allaient chercher de leau se croisaient sans se parler, alors que maintenant cette fontaine est devenu un lieu de vie qui permet déchanger, de discuter et les enfants gagnent prés dune heure sur leur scolarité.
Voila le contrat est rempli. Depuis tant dannées, leau recoule de nouveau à Ipamu. Certes, il reste encore à faire pour améliorer le système, mais nous avons confiance, des personnes crédibles feront le nécessaire. LADEPI devra nous faire un bilan financier de la gestion et de la rentabilité du projet. Deux emplois sont créés pour lentretien, le fonctionnement du groupe et de la pompe.
Nous avons bien insisté sur le fait que nous ne faisons pas de lassistanat,
mais que nous avons mis en place une collaboration dont ils sont maintenant
les principaux actionnaires et nous irons leur faire de petites visites surprises.
Ce rapport ne peut être terminé sans remercier du fond du cur tous les partenaires grands et petits qui ont permis la réalisation de cette mission. Pardonnez moi de ne pas vous citer, mais vous êtes tellement nombreux, merci à tous. Et nous n oublions pas tous les habitants dIpamu qui nous ont donné un formidable coup de main !
Rapport technique
Matériel mis en place pour le projet :
- Mise en place d'un groupe électrogène de 21 KVA
- Une pompe hydraulique de 5m3/h
- 1200 m de tuyaux de 35 mm
- 200 m de tuyaux de 25mm
-100 m de chéneaux
-Une deuxième pompe 4m3/h permettra de prolonger le réseau.
-Un petit groupe électrogène, mis à disposition de l'ADEPI en journée pour le fonctionnement du local informatique et la nuit pour les urgences au centre de santé.
- Il reste 200 de tuyaux de 25 mm
L'installation a nécessité :
- 6 jours de travail à raison de 8 à 10h de travail par jour
- Trois litres d'eau par jour et par personne
- la température : en moyenne 30°
Bilan médical
- 2 malades : dont une allergie à la papaye trop mûre !



















